Voirie urbaine et développement durable
28-01-2008
Le développement durable, inscrit dans les priorités gouvernementales, est devenu aujourd’hui un des critères de décision qui s’impose à toute action publique. Il se donne pour objectif de concilier nos besoins de développement avec la préservation des ressources et de l’environnement, et une plus grande équité sociale. Appliqués à la voirie urbaine (et, plus largement, à l’espace public), comment ces préceptes peuvent-ils se traduire ?
La croissance exige toujours plus de mobilité, donc, a priori, d’infrastructures, y compris routières, la prise en compte du développement durable nous impose de rechercher des solutions autres en favorisant des modes de déplacements alternatifs aux véhicules individuels motorisés. La solidarité, ici et maintenant, nous impose de concevoir des voiries et des transports publics, accessibles à la totalité de la population, en particulier aux personnes les plus fragiles, les moins agiles, ou les plus économiquement défavorisées. Confort, aménité et convivialité, place et tarification des transports en commun, et association des citoyens à la décision caractérisent cette orientation. Le programme Une voirie pour tous en est une illustration. Avec la solidarité intergénérationnelle, (préserver les capacités des générations futures de satisfaire leurs propres besoins), nous sommes confrontés à un tout autre défi. Comment, dans la construction et la gestion des voiries urbaines, limiter la consommation de ressources et d’énergie fossiles ? Comment lutter et la dégradation de l’habitat des hommes et des milieux naturels ?
Certes, des pistes existent : réduire de façon drastique les quantités de matériaux déplacées ; recourir à des processus de fabrication moins gourmands en énergie et à des énergies moins « polluantes » ; limiter le ruissellement par des techniques de chaussées réservoirs ou de végétalisation des fossés ; etc. Mais, avant de nous engager plus avant, nous ne pouvons pas ne pas nous poser la question primordiale : lorsque nous décidons de créer ou de réaménager telle voirie urbaine, pour qui au fond le faisons-nous, pour quoi faire ? Quel en est le bilan (social, environnemental) prévisible ?
L’article ci-joint (téléchargeable), publié par le magazine Technicités pose clairement ces questions et nous invite à cette indispensable prise de recul.
Les choix à opérer sont éminemment politiques, au sens où il s’agit bien de l’avenir de la cité. Dans ce domaine comme dans bien d’autres, le technicien ne doit pas se substituer aux décideurs légitimes, mais les aider à prendre leurs décisions en toute connaissance de cause et d’effets. L’ouvrage « Prendre en compte le développement durable dans un projet », édité par le Certu, est un outil de questionnement et d’analyse applicable à toute décision publique, qui veut y contribuer.
Contact : Nicolas Wiplier (nicolas.wiplier@developpement-durable.gouv.fr)








