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Un corridor écologique avant l'heure : le V-vert de l'Est lyonnais

Emmanuel Boutefeu   09-09-2008


Dès la fin des années 1980, les institutions chargées d’élaborer le schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme de l’agglomération lyonnaise s’inquiètent du déficit prononcé d’espaces verts dans l’est de l’agglomération alors que l’urbanisation avance inexorablement en raison d’une topographie plus propice et moins accidentée que celle des vallons de l’Ouest lyonnais. La plaine de l’Est lyonnais est la « grande réserve d’espaces permettant l’accueil d’équipements d’intérêt général pour l’agglomération et l’aire métropolitaine ». En vue d’augmenter la présence d’espaces verts, les pouvoirs publics estiment opportun de mettre en place une politique de verdissement et de reconquête du paysage : « c’est le moyen de hausser la qualité d’un espace appauvri par l’urbanisation récente, et de constituer, avec des équipements de loisirs tels que golfs, parcs urbains, itinéraires de promenades, le cadre attractif qui doit accompagner les développements urbains prévus ».

Un ensemble disparate d’espaces naturels et agricoles périurbains, de parcs, boisements, terrains cultivés est alors inscrit dans le schéma directeur de l’agglomération lyonnaise de 1992. La zone soustraite à l’urbanisation, en qualité de patrimoine d’intérêt écologique et paysager, prend le nom de « V-vert » à cause d’un tracé en forme de v : une branche nord s’adosse sur les communes de Décines-Charpieu, Genas et Meyzieu ; une branche sud s’appuie sur les communes de Bron et de Saint-Priest. Le parc départemental de Parilly, les forts de Bron et de Saint-Priest, le golf de Chassieu constituent des « cœurs de nature », autrement dit des espaces verts préexistants autour desquels s’articule une trame verte plus ou moins lâche. Des ilôts-refuges (mares, bosquets, prairies sèches) enclavés dans les terres agricoles offrent des points de passage obligés du V-vert. La trame verte organisée « en pas japonais » va peu à peu être confortée par des plantations arborées pour créer des liaisons vertes fonctionnelles entre les « réservoirs de nature », notamment entre le fort de Saint-Priest et le parc de Parilly. Certains épaississements du trait de crayon prennent corps sur le terrain : la plantation de la forêt des Hauts de Feuillydont la gestion est confiée à l’Office national des forêts en est l’illustration la plus aboutie.

Le V-vert de l’Est lyonnais est une préfiguration des corridors écologiques qui sont, aujourd’hui, des outils indispensables d’aménagement du territoire en faveur de la biodiversité, sans coupure d’urbanisation, ni obstacles aux modes doux de déplacements.

Le mémoire de fin d’études, rédigé par Jean-Philippe HUERTAS, élève ingénieur à l’École nationale des travaux publics de l’État, analyse les tenants et les aboutissants du concept de trame verte. Comment le V-vert a été mis en place ? Quel regard peut-on porter au V-vert vingt ans plus tard ? Comment a-t-il résisté aux pressions d’urbanisation ?

Pour en savoir plus

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Le V-vert de l’Est lyonnais






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