Marquage vert et aménagement cyclable
Benoît Hiron 10-12-2007
L’appelation "peinture verte" serait le terme exact, puisque le terme "marquage vert" est incorrect quand on l’utilise en référence aux aménagements cyclables : il n’existe pas de marquage vert pour le vélo !
Avant que ne soit décidé quel serait le marquage pour les vélos, des discussions ont eu lieu avec les collectivités territoriales. Le constat de l’hétérogénéité des pratiques sur le terrain était largement partagé. Certaines villes utilisaient beaucoup la peinture verte (Strasbourg, Nantes…), d’autres n’avaient pas cette culture (Lyon, Lille…). Les discussions ont abouti à une décision claire pour la réglementation sans peinture verte. La peinture verte devant être réservée à des cas très complexes avec une insécurité réelle pour le cycliste et plus élevée qu’ailleurs sur le territoire. Quels arguments ont conduit à ce choix ?
- La peinture verte n’est pas une peinture homologuée comme les autres peintures. Elle ne subit pas les mêmes tests et est d’une tenue beaucoup plus faible que les autres peintures. Il en est de même pour l’absence de coefficient de glissance qui est exigé pour les autres peintures. Elle est donc peu appréciée des deux roues motorisés en carrefour.
- La couleur verte se voit mal de nuit
- La présence d’une peinture verte sur de grande surface signale la présence de cyclistes à certains lieux et attire l’attention des autres usagers. Cependant, si elle n’est pas présente sur toute la ville, elle peut aussi être perçue comme le message : les vélos ont leur place où il y a du vert et pas ailleurs. Autrement dit l’attention des automobiliste risque de se dégrader dans les autres lieux conduisant à une dégradation de la sécurité des vélos sur l’ensemble du réseau. Ce raisonnement est issu des recherches qui ont conduit à ne pas recommander d’utiliser d’autres peintures que le blanc pour les passages piétons. Le développement des zones 30 est bénéfique au développement de l’usage du vélo. On vise jusqu’à 70% de voirie en zone 30 dans les agglomérations, donc principalement sans aménagement cyclable spécifique et donc sans peinture verte !
Cependant, force est de constater qu’aucune étude probante ne montre un gain avec l’utilisation de la peinture verte, ni une perte pour la sécurité ou le confort de l’ensemble des usagers.
La peinture verte a l’avantage de permettre à un prix réduit de rendre très visibles quelques aménagements cyclables, ce qui en fait un moyen de communication efficace. Elle est donc tentante lorsqu’on recherche quelque chose de visible à coût réduit. Il peut être important pour les usagers de ne pas tomber dans le piège : le coût de l’usage de cette peinture verte est beaucoup plus élevé que la peinture homologuée, dont l’usage est plus limité (pas de grande surface en blanc, juste des pictogrammes !). C’est autant d’argent qui n’est pas dépensé en aménagements réellement utiles pour créer un véritable réseau cyclable.
Une fiche sur cette thématique est en cours de préparation au CERTU








