Accueil » Sécurité et circulation routières » Vélos » La piste unidirectionnelle à mi hauteur entre la chaussée et le trottoir

La piste unidirectionnelle à mi hauteur entre la chaussée et le trottoir

   10-12-2007

La piste unidirectionnelle à mi-hauteur entre chaussée et trottoir.

Force est de constater qu’il n’y a pas unanimité côté usagers. Tout simplement parce que tout le monde ne voit pas la même chose derrière ce concept. Tout d’abord l’appellation est incorrecte, car il ne s’agit pas d’une piste à la moitié de la hauteur mais à hauteur intermédiaire.

Les objections à ces aménagements tournent autour de plusieurs problèmes, sachant qu’il n’y a à ce jour pas de recommandation pour leur réalisation.

  • Une hauteur trop importante par rapport à la chaussée constitue un obstacle pour le vélo, et permet néanmoins aux véhicules motorisés de s’arrêter sur cette piste ou d’y stationner. La politique de verbalisation étant souvent faible, le cycliste est obligé de descendre sur chaussée pour contourner le véhicule et se retrouve en situation de danger avec une grande difficulté pour remonter sur la piste due à une dénivellation trop forte. La hauteur classique d’une bordure de trottoir est de 14 cm. Or la piste à mi hauteur ne doit pas se trouver à 7 cm (on expliquera pourquoi ci-après) mais plutôt à 3 ou 4 cm maximum de la chaussée avec le complément côté trottoir pour atteindre les 14 cm.
  • L’angle et le profil de la bordure qui sépare la chaussée de la piste sur trottoir. L’absence de chanfrein adapté pour la petite bordure séparant la piste de la chaussée rend difficile la remontée sur la piste pour contourner un véhicule arrêté ou stationné. D’un côté on peut rechercher un profil anguleux pour dissuader les incursions des véhicules motorisés de l’autre on pénalise les cyclistes. Ceci d’autant plus si le cycliste doit s’écarter pour trouver un angle suffisant pour remonter sur la piste.
  • Le risque de confusion avec le stationnement Lincoln (en file au bord de la chaussée). La largeur d’une telle piste unidirectionnelle pour être confortable pourrait être d’environ 1m80. Il y a un risque que certains automobilistes la confondent avec du stationnement (2m20). La présence régulière du pictogramme vélo blanc peut permettre de lever cette ambiguïté.

Les avantages de cet aménagement : c’est un aménagement qui doit être confronté à deux options proches : la bande marquée et la piste au niveau du trottoir contiguë à la chaussée.

  • La bande marquée est peu chère si l’on dispose d’une largeur de chaussée suffisante, toutefois au niveau visuel, elle conduit à des dimensionnements très larges de la voirie, ce qui est défavorable à la modération de la vitesse des véhicules motorisés qui perçoivent une chaussée avec une large emprise. De plus les difficultés avec les arrêts et les stationnements sont fortement existantes si la politique de répression est faible.
  • La piste au niveau du trottoir contiguë à la chaussée est un aménagement redouté par les personnes aveugles et malvoyantes dont elle ignore superbement les besoins. Peu chère lorsqu’elle consiste à une séparation du trottoir par une ligne de peinture, elle est peu lisible pour les piétons. En cela c’est une solution à éviter.

Par rapport à ces deux options, la piste à niveau intermédiaire entre la chaussée et le trottoir présente d’une part une diminution du champ visuel pour la chaussée réservée aux véhicules motorisés, même si exceptionnellement un convoi exceptionnel empiète, l’ensemble des véhicules motorisés perçoit une voirie réduite et d’autre part elle sépare le trottoir de l’aménagement cyclable, permettant un meilleur repérage pour les personnes aveugles ou malvoyantes.

Reste à travailler sur un profil de la bordure qui réponde aux besoins des cyclistes.







Recalculer la page