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Des radars aux feux rouges

Jean-Michel Serrier   08-04-2008

Le déploiement du CA-FR en France

On compte actuellement environ 1000 radars fixes et 600 mobiles en activité destinés à contrôler la vitesse. Ce type de radar pourrait être bientôt complété par des radars destinés au contrôle de franchissement de feu rouge. Rappelons que le principe d’étendre les radars au contrôle de franchissement de feu rouge pour lutter contre l’insécurité routière a été annoncé lors du comité interministériel de sécurité routière (CISR) du 6 juillet 2006. Ce dernier étendait le programme des radars contrôlant la vitesse à d’autres types de radar, en vue de contrôler des infractions comme l’interdistance ou les feux rouges. Il a été décidé de choisir une cinquantaine de carrefours à feux pour tester ce nouveau type de radar.
Faisant suite à une première série d’expérimentations réalisées depuis 2003 dans six villes en France, ce déploiement de cinquante radars s’inscrit dans une seconde phase expérimentale. Pour cette deuxième phase, les radars seront raccordés au centre national de traitement (CNT) des amendes à Rennes, ce qui n’était pas le cas de la première série d’expérimentations. Le choix des sites prioritaires a été établi à partir de propositions des services de l’État et des collectivités territoriales. Parmi les propositions recueillies courant 2007, la Direction du Projet Interministériel de Contrôle Automatisé (DPICA) a donc sélectionné une cinquantaine de carrefours répondant à des critères comme le nombre d’accidents et leur gravité, la géométrie et la complexité des carrefours ou encore le nombre de franchissement au feu rouge dans les carrefours.

Comment compter les franchissements ?

En ce qui concerne le nombre de franchissement au feu rouge, on peut rappeler que des études montrent que leur nombre a régulièrement augmenté depuis les 25 dernières années. Par exemple, une étude a été conduite par la Zone Expérimentale et Laboratoire de Trafic (ZELT) à Toulouse, en 2000, sur treize entrées de cinq carrefours et 1,3 millions de véhicules. Elle a montré que le comportement des conducteurs est assez inquiétant : environ 9% de franchissements des feux tricolores se font au rouge (environ 3%) ou au jaune ; environ 1,2% de conducteurs passent au rouge alors que le vert est déjà donné pour le mouvement antagoniste ; et surtout on note une augmentation de plus de 25% des comportements infractionnistes en douze ans sur les mêmes carrefours.
Lors du recueil des propositions de carrefours, on a constaté que de nombreuses collectivités territoriales disposent de données concernant les principaux carrefours accidentogènes dans leurs agglomérations, par exemple à partir de l’outil CONCERTO.

En ce qui concerne les moyens de compter le nombre de franchissement au feu rouge sur une entrée de carrefour, de nombreux progrès sont faits et on constate aujourd’hui que des sociétés privées développent leur savoir faire dans se domaine. Parmi les sociétés qui proposent des services de comptage, on peut citer par exemple, la société ELSI qui commercialise un compteur de franchissements de feu rouge en raccordant un compteur pneumatique au contrôleur d’un carrefour à feux. Par ailleurs, la société SORMEA met à disposition un compteur qui se distingue des autres par sa capacité d’enregistrer des franchissements de feu à toutes les phases (rouge, jaune, vert) et de donner une indication sur la vitesse d’approche des véhicules au carrefour. Ce matériel non intrusif ne nécessite ni compteurs pneumatiques, ni aucun raccordement au contrôleur de feu, il suffit d’installer les différentes parties du dispositif sur le feu.

Les résultats de la première série d’expérimentions

Concernant les évaluations conduites sur plusieurs matériels de technologies différentes, on peut noter une assez grande diversité dans les résultats en termes de qualité et de performance. Par exemple, les performances des systèmes fondés sur l’analyse vidéo sont encore actuellement indéniablement insuffisants et inférieurs aux résultats obtenus avec des systèmes couplés à des boucles électromagnétiques installées dans la chaussée. De plus ces résultats ne sont pas toujours atteints par toutes les sociétés en termes d’exigences précisées dans le cahier des charges d’homologation des appareils de contrôle de feu rouge. En effet, pour verbaliser les infractions de manière automatisée, il est indispensable de disposer d’une homologation des matériels. C’est le SETRA qui est chargé de l’homologation des appareils de franchissement au feu rouge. A ce titre il délivre les certificats d’examen de type des matériels présentés par les industriels, au même titre que le laboratoire de métrologie et d’essais (LNE) du ministère de l’industrie homologue les cinémomètres. Le cadre juridique permettant l’homologation pour les radars feu rouge est en place depuis 2004. Aujourd’hui, en France, une seule société est homologuée au niveau des essais de type et deux autres sont en cours de test. Les appareils seront ensuite vérifiés in situ. En termes de qualité d’intégration dans le mobilier urbain, de très bons résultats sont atteints ; des sociétés proposent des dispositifs entièrement intégrés dans des poteaux ou des caissons d’encombrement réduit. Enfin, en termes de signalisation, une réflexion est menée. En effet, il est difficile d’implanter des panneaux, avec une bonne aptitude à se détacher de l’environnement, sur des trottoirs déjà bien encombrés.

Bibliographie :

  • Pré-évaluation Anacomda Feux (Sorméa), Cete de Lyon, mars 2007
  • Rapport d’évaluation technique Cigale FFR, Cete de l’Ouest, mai 2007
  • Fiches d’expérimentations de Nantes, Toulouse, Metz, Cete de l’Ouest, du Sud-Ouest et de l’Est, 2007
  • Critères de choix des sites, CERTU, 2007

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