Du bon usage de la ligne continue
Hervé Cluzel 20-02-2008
Dans le cadre de la démarche « Code de la rue », la concertation avec les associations d’usagers et le recueil des demandes d’évolutions réglementaires révèlent une certaine méconnaissance à la fois de la réglementation, mais aussi des bonnes pratiques, en matière de signalisation routière en milieu urbain (et parfois hors agglomération).
Globalement, les usagers de la voirie réclament dans un consensus assez large des allègements réglementaires de la signalisation en milieu urbain. Dans la plupart des cas soulevés cet allègement ne nécessite pas de modification de la réglementation mais plutôt une bonne application par les gestionnaires de voiries de la réglementation existante.
On peut notamment relever à ce titre l’usage « abusif » de la ligne continue. Il faut rappeler que l’usage de la ligne continue est normalement réservé au traitement des points singuliers et en particulier lorsque la visibilité est insuffisante. A ce titre, conformément au principe de valorisation de la signalisation routière, l’Instruction Interministérielle sur la Signalisation Routière (IISR) [7] précise à l’article 113 paragraphe B que « tout abus dans l’emploi des lignes continues doit être évité car il risque de conduire à une dépréciation de leur valeur réglementaire et donc à des infractions préjudiciables à la sécurité ».
L’emploi excessif de la ligne continue a, notamment, pour conséquence d’empêcher le dépassement d’un cycliste avec une distance normale de sécurité (1 m en agglomération, 1,50 m hors agglomération) même si la largeur des voies de circulation est normale. Ce blocage a peu d’importance si la longueur de la ligne continue est faible : l’automobiliste (ou tout usager rapide) patiente. Il entraîne des comportements dangereux pour les deux roues légers, dès que la longueur de la ligne est assez importante pour devenir « incommodante » pour l’automobiliste. On rappellera notamment que l’IISR proscrit les lignes continues supérieures à 1 km sur les routes à deux voies (article 113 §B). De même, on rappelle que, de manière générale, « le marquage des chaussées n’est pas obligatoire, sauf sur autoroute et route express » (IISR, article 113). Ainsi, en ville, le marquage longitudinal est facultatif et il n’est pas toujours nécessaire sauf s’il faut réellement organiser les files de circulation (voies affectées par exemple) ou s’il existe des mesures d’exploitation particulières.








