Le "shared space" ou route "nue", nouvelle mode ?
Benoît Hiron 10-12-2007
Un des derniers concepts à la mode en aménagement de voirie fait fureur auprès des médias français : "le shared space" de Hans Monderman parfois traduit en français par « route nue » dans des reportages sur les grandes chaînes de télévision dans les journaux de 20h (TF1, France 2…). Une « quasi révolution » serait en cours aux Pays Bas, en Grande Bretagne et en Allemagne sur l’aménagement des voiries urbaines.
Une grande part du shared space utilise des concepts et des expériences développés en Europe. Pour la France le programme phare d’expérimentation était « ville plus sure, quartier sans accident » de 1985 à 1988. Cependant, il a eu des suites malheureusement très hétérogènes sur le territoire français.
L’Europe est en marche depuis de nombreuses années et de nombreux projets européens et échanges font qu’il y a eu des développements de concepts proches par delà les frontières notamment pour ce qui concerne la voirie.
De nombreuses propositions du shared space sont communes avec les recommandations du CERTU, notamment sur la signalisation que ce soit le marquage et les panneaux (le moins possible, quelque soit le lieu concerné).
Une exception notable, l’accent mis sur le traitement de l’accessibilité mais ce n’est pas la seule. En effet, d’aucun verront même un recul dans quleques exemples concrets se réclamant du "shared space" par rapport à l’esprit de la loi de 2005 sur la prise en compte des personnes handicapées, quelque soit le handicap et notamment les personnes aveugles et malvoyantes.
Autre divergence, la mixité vélo piéton voir deux roues motorisés sur la partie correspondant à un trottoir à niveau de la chaussée. Ceci ne répond pas aux recommandations du CERTU, même en enlevant les deux roues motorisés.
Nous tenons à remercier nos collègues Prof Jürgen Gerlach, Dirk Boenke, Jens Leven de l’université de Wuppertal en Allemagne et Rob Methorst du Centre pour le Transport et la Navigation (DVS) de Rotterdam aux Pays Bas pour nous avoir autorisé à traduire leur travail sur le shared space : intérêt et incohérence du shared space : rendre une philosophie d’aménagement populaire plus objective (téléchargement ci-joint).
Par ailleur, il ne faut pas confondre la future zone de rencontre qui est proposée dans le cadre du code de la rue avec le concept de "shared space" même s’il reste un cousinage, car la future zone de rencontre française devra respecter l’accessibilité des personnes à mobilité réduites, notamment des personnes aveugles et malvoyantes.
Pour autant, la prise en compte de l’accessibilité des personnes aveugles ou malvoyantes existe dans certains projets de shared space. Des espaces dédiés aux piétons sont conservés et des séparations tactiles sont introduites pour permettre aux personnes aveugles et malvoyantes de se repérer. La difficulté réside alors à faire le tri car la même appellation regroupe des aménagements très divers.
En conclusion, on peut souligner quelques éléments communs au shared space et aux recommandations CERTU
- modération de la vitesse
- qualité de l’espace public y compris esthétique
- le moins de signalisation possible (moins de panneau moins de marquage)
- simplicité dans la gestion des conflits








