Piétons et sécurité routière. Quelques chiffres clés
Frédéric Murard 28-09-2010
En ville, les piétons ont été impliqués en 2009 dans 22.5% des accidents. Ils y ont représenté 28.5% des tués et 25% des blessés hospitalisés. Plus d’1 piéton tué sur 2 avait plus de 65 ans.
Quelques chiffres clés sur le bilan de ce mode de déplacement.
Tendances : le nombre de piétons tués a suivi une baisse régulière en France pendant plus de 30 ans, passant de 3202 en 1970 à 550 en 2004, puis a oscillé autour de 550 tués par ans jusqu’en 2008. L’année 2009 enregistre une baisse avec 496 tués, baisse beaucoup plus marquée en rase campagne qu’en milieu urbain. Le taux de tués piétons (proportion de tués piétons par rapport à l’ensemble des tués de la circulation) a également très nettement diminué, passant de 21 % à 11% au cours de la même période.
Répartition milieu urbain/ rase campagne. L’énorme majorité des accidents piétons se produisent en milieu urbain ( 94 % en 2009), ce qui correspond évidemment au fait que la marche à pied est une pratique essentiellement urbaine. Plus de 2 piétons tués sur 3 le sont en milieu urbain (72% en 2009).
Enjeux urbains. En ville, les piétons ont été impliqués en 2009 dans 22.5% des accidents et ont représenté 28.5% des tués. Ces chiffres montrent l’importance des enjeux « piétons » en milieu urbain.
Accidents piétons et taille de ville. La gravité de accidents piétons croît à l’inverse de la taille de l’agglomération, jusqu’à une forte gravité en rase campagne. Ainsi on compte environ 2 piétons tués pour 100 victimes piétons dans les agglomérations de plus de 300 000 habitants contre près de 10 dans celles de moins de 5 000 habitants et près de 20 en rase campagne.
Localisation des accidents piétons en ville. Les accidents piétons en milieu urbain se produisent essentiellement sur les axes principaux, là où la circulation piétonne est plus importante, le trafic dense ou rapide, et la tâche de traversée plus difficile. La grande majorité des victimes piétons sont le fait d’accidents qui se produisent hors intersection (79% des victimes piétons en milieu urbain en 2009).
Accidents piétons et motifs de déplacement (données 2006). 37% des piétons accidentés le sont alors qu’ils effectuent un trajet « promenade loisirs ».
Age des impliqués. Les populations les plus touchées sont les moins de 15 ans pour les blessés (23.5% des piétons blessés en 2009), et les plus de 65 ans pour les tués (53.2% des piétons tués, près de 65% des piétons tués en milieu urbain en 2009). La gravité des accidents croît fortement avec l’âge ; les piétons âgés étant physiquement plus fragiles. La part des plus de 75 ans dans la mortalité piétonne est passée de 26.5% en 2002 à 40.7% en 2009.
La connaissance de la population par tranche d’âge et par sexe permet d’évaluer le risque d’être impliqué et celui d’être tué. Tous âges confondus, les hommes présentent par rapport aux femmes un risque plus élevé d’être impliqués ou tués dans un accident piéton. Par ailleurs, on observe un sur-risque d’être accidenté chez les jeunes enfants (surtout les enfants de 5 à 9 ans). Mais le risque d’être tué est le plus élevé pour les personnes âgées.
Manœuvre des piétons impliqués (données 2006). En milieu urbain, la majorité des piétons (75%) sont tués alors qu’ils effectuent une manœuvre de traversée. En rase campagne 38% sont accidentés en traversée mais 33% sont également accidentés lors de leur déplacement le long de la route. Les piétons sont essentiellement tués par les voitures de tourisme. Ils sont plus souvent heurtés lorsqu’ils se déplacent dans le sens du véhicule que lorsqu’ils se déplacent dans le sens inverse.
Accidents en traversée en ville (données 2006). Les piétons sont généralement accidentés en dehors ou aux alentours (moins de 50 m) des passages piétons : c’est le cas pour près de la moitié des victimes et 63 % des tués. Néanmoins le nombre de piétons tués sur les passages reste important : 37% des piétons tués en ville.
Répartition saisonnière. On observe plus d’accidents de piétons en périodes automnales et hivernales. « La durée de l’obscurité beaucoup plus longue durant ces mois, et les mauvaises conditions atmosphériques peuvent être à l’origine de cette sur-représentation » (INRETS). En outre, c’est également en hiver que la gravité des accidents piétons est plus élevée.
Pour plus d’information :
1) ONISR, 2010 - Accidents corporels de la circulation routière - France métropolitaine - Année 2009 – Document de travail.
2) ONISR, 2010 – Les grandes lignes du bilan de la sécurité routière 2009.
3) ONISR, 2008 – Piétons – Grands thèmes de la sécurité routière en France.
4) INRETS, 2003 - Scénarios types d’accidents impliquant des piétons et éléments pour leur prévention. Rapport N°256.
5) ONISR, 2002 - La sécurité des piétons en 2001. Étude sectorielle. 6) INRETS, 1999 - L’accidentologie des piétons. Diagnostic et recommandations. – Fascicule.
7) INRETS, 1995 - Les accidents de piétons. Analyse typologique. - Rapport N°201.








