Mobilité des piétons
Catia Rennesson 24-05-2004
Après une baisse longue et continue comment évolue la pratique de la marche en ville ? Quelles sont les personnes qui marchent ? Marche-t-on encore pour aller à l’école ? Réponses à ces questions et à quelques autres
La mobilité des piétons en France peut être appréciée soit à partir des enquêtes « INSEE transports » d’ampleur nationale, soit à partir des « Enquêtes ménages » qui sont réalisées chaque année sur quelques agglomérations à l’initiative des organismes locaux et selon une méthodologie bien précise définie par le Certu.
Tendances Les données “mobilité”, collectées au niveau national comme au niveau local, montrent une diminution sensible de la pratique de la marche à pied au cours des années 80, au profit d’une utilisation toujours plus importante de la voiture particulière.
Données nationales
| Année | Voiture | Marche a pied | Transport collectif | Bicyclette | Cyclomoteur | Motocyclette |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1981 - 82 | 48,6 % | 34,1 % | 8,57 | 4,53 | 3,63 | 0,55 |
| 1993 - 94 | 63,5 % | 23,2 % | 9,00 | 2,85 | 0,92 | 0,46 |
Évolution de la part de différents modes dans les déplacements de semaine (à moins de 80 km, personnes de plus de 5 ans, résidant en France métropolitaine) Enquêtes INSEE Transports (F. Papon, INRETS 1997)
Les années 90 voient par contre une stabilisation de la mobilité à pied, voire une augmentation. Actuellement, en moyenne, plus d’un quart des déplacements sont effectués à pied dans les agglomérations. La marche à pied est et reste le deuxième de déplacement en ville, après la voiture ; c’est même le premier mode dans les centres-villes.
Les motifs de déplacements La marche est délaissée de nos jours pour les déplacements liés au travail (12% seulement de l’ensemble des déplacements liés à ce motif). Elle se pratique davantage pour se rendre sur les lieux d’études (38%) et pour les achats (28%).
« L’usage autrefois très important de la marche pour se rendre sur le lieu d’études a chuté au profit de l’accompagnement en voiture et des transports collectifs. » (F. Papon, INRETS 1997) : 37% en 1994 contre 52% en 1982.
Marche à pied et distance La marche à pied reste le mode majoritaire pour des déplacements inférieur à 1 km
| Voiture | Marche a pied | Transport collectif | Bicyclette | Cyclomoteur | Motocyclette | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Vitesse (Km/h) | 34,5 | 3,6 | 18,0 | 9,7 | 18,5 | 31,6 |
| Durée (min.) | 16,3 | 12,6 | 36,5 | 13,9 | 14,4 | 17,2 |
| Distance (km) | 9,4 | 0,8 | 11,0 | 2,2 | 4,3 | 9,1 |
Caractéristiques moyennes des déplacements de semaine suivant les modes (à moins de 80 km, personnes de plus de 5 ans, résidant en France métropolitaine) Enquêtes INSEE Transports 1993-1994(F. Papon, INRETS 1997)
Marche à pied et taille de l’agglomération L’usage de la marche est favorisé dans les grandes agglomérations (principalement d’ailleurs dans les communes « centre » de celles-ci).
Marche à pied et contexte socio-démographique Les femmes marchent plus à pied que les hommes. La marche à pied est en outre le mode de déplacement le plus utilisé par les femmes.
La marche est davantage pratiquée par les personnes âgées (notamment les femmes âgées) et par les moins de 18 ans.
Pour plus d’information :
1) Certu / Cete de Lyon / CVC, 2002 - Quelques lieux communs sur les modes doux (le vélo et la marche) – Article distribué au Congrès du Club des Villes Cyclables à Chambéry le 24/10/2002. Téléchargez ci-dessus à droite le fichier nommé : Enquete-modes-doux
2) CERTU, 2002 - La mobilité urbaine en France : les années 90. PAPON, Francis, INRETS, 1997 - Les modes en déclin : marche, bicyclette, cyclomoteur, motocyclette - Article revue RTS N°56.








