Une voirie pour tous: un enjeu de santé publique
06-08-2009
Le rapport " Retrouver sa liberté de mouvement" préparatoire au Plan national de prévention par l’activité physique ou sportive affirme toute l’importance de l’activité physique pour la santé tout au long de la vie :
"L’expertise collective de l’Inserm démontre que l’activité physique ou sportive est un déterminant majeur de l’état de santé des individus et des populations à tous les âges de la vie.
Déterminée par des facteurs individuels, sociaux et environnementaux, et même d’intensité modérée, la pratique régulière diminue la mortalité, augmente la qualité de vie et prévient les principales pathologies chroniques (cancer, maladies cardiovasculaires, diabète, ostéoporose et maladies ostéoarticulaires).
Elle aide au contrôle du poids corporel, est associée à une amélioration de la santé mentale (en réduisant l’anxiété et la dépression), permet une croissance harmonieuse de l’enfant et de l’adolescent et le maintien de l’autonomie des personnes âgées.
L’activité physique régulière est aussi un élément majeur du traitement des principales pathologies chroniques (cardiopathies ischémiques, bronchopathies chroniques obstructives, obésité et diabète de type 2) et participe à la prise en charge thérapeutique d’autres maladies (ostéoarticulaires ou neurologiques dégénératives)."
L’enjeu en terme d’économie sociale est considérable et certaines études n’hésitent pas à chiffrer à plusieurs dizaines de milliards d’Euros par an les économies pour l’Assurance Maladie réalisables si les 36 millions de "sédentaires complets" que compte notre pays reprenaient une activité physique même modérée. [1]
Le rapport retient comme toutes premières recommandations l’adaptation de la voirie et de l’espace public aux déplacements doux :
"1. Recommandations concernant les communes
Les communes sont le lieu privilégié pour développer des mesures de proximité. Les mesures proposées se déclinent selon les thématiques liées à l’urbanisme et l’architecture d’une part, à la mobilité d’autre part.
• 1.1. : Aménager les espaces publics et les rues pour les rendre favorables aux modes de déplacement actifs (sécurisation, agrément, valorisation, promotion)
• 1.2 : Veiller à la mixité d’usage dans les quartiers pour inciter à la marche et à l’utilisation du vélo : proximité et accessibilité des commerces, services, équipements
• 1.3 : Intégrer la dimension « mobilité active » dans le cahier des charges des commandes publiques (révision des PLU, aménagements routiers, projets d’urbanisation, espaces publics…)
• 1.4 : Mettre en place un programme d’information et de formation destiné aux élus locaux et aux cadres administratifs pour les sensibiliser aux relations entre activité physique et santé
2. Planification dans les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), les Départements et les Régions
Ces recommandations visent à ce que les objectifs d’amélioration de la santé publique par l’activité physique et sportive soient relayés dans les documents de planification à tous les niveaux institutionnels.
• 2.1 : Accroître la part des zones 30km/h lorsque l’urbanisation est dense
• 2.2 : Procéder à l’état des lieux vélo et piéton en milieu urbain et rural
• 2.3 : Renforcer le volet mobilité active des plans de déplacements urbains (PDU)
• 2.4 : Développer les mesures favorisant l’intermodalité, moyen d’articuler grandes et petites distances. Créer les conditions de remplacement du transport motorisé individuel non indispensable. Intégrer la mobilité active dans les chaînes de déplacements.
• 2.5 : Etablir des plans de mobilité d’école, d’université, d’institution, d’entreprise et de site."
Toutes ces préconisations se trouvent au coeur du programme d’actions "Une voirie pour tous" qui revêt, sous cet éclairage, un enjeu nouveau de toute première importance.
Pour en savoir plus : le rapport "Retrouver sa liberté de mouvement" sur le site du Ministère de la Santé et des Sports.
[1] (cf : article paru dans Ville et vélo n°39 - mai/juin 2009)








