Une mobilité contrainte met-elle en difficulté l'économie présentielle et l'accès aux services d'un territoire?
10-01-2012
C’est la question posée à l’Insee et au Cete de Lyon par la Mission pilotée par la DATAR, rassemblant les préfectures des cinq régions du Grand Sud-Est (GSE) .
L’économie présentielle d’un territoire regroupe les activités locales de production de biens et de services (services à la personne, distribution, administration, santé…), en réponse aux besoins de la population présente. Laquelle inclut des personnes qui n’habitent pas forcément sur le territoire : les touristes, les actifs sur leur lieu de travail…
Les travaux engagés partent de l’hypothèse que l’évolution des conditions de mobilité va dans le sens de la contrainte, en particulier du fait de la hausse du prix de l’énergie. Avec pour conséquences attendues :
- pour les actifs, une rétractation des bassins d’emplois et donc des impacts sur l’économie des zones où l’économie présentielle est dominante. C’est notamment le cas des zones que les résidents quittent pour aller travailler : zones « A risque » (voir la carte INSEE Rhône-Alpes), et dans une moindre mesure « Urbain et industriel » ;
- pour les résidents, une modification de l’aire de chalandise des services à la personne du fait d’un usage plus limité de la voiture particulière. Les zones « A risque » et « Dépendant » sont concernés, et de façon moins marquée les zones « En équilibre fragile » et « Urbain et industriel ».
A noter pour les zones touristiques (« Alpin », en particulier), des incertitudes sur la capacité d’attirer des touristes, notamment venant de l’étranger.
Il ressort finalement que les principales métropoles (Lyon, Marseille, Grenoble dites « zones robustes ») résisteront le mieux aux contraintes de mobilité, du fait d’une population dense et d’un usage possible des modes alternatifs à la voiture. On y observe une forte densité de services présentiels.
Prochaine étape de l’étude : un zoom sur quatre zones d’emplois vulnérables, pour une approche prospective des actions à mener. Ainsi qu’un zoom sur Lyon, pour apprécier l’ampleur des reports modaux consécutifs au renchérissement du coût de l’énergie.
Au final, l’objectif est de tirer des enseignements pour infléchir et ajuster les politiques afin d’anticiper les effets du durcissement des conditions de mobilité, en proposant des actions telles que la réorganisation des services et équipements publics, planification urbaine et services de transports.
Rapport téléchargeable sur : http://www.regionurbainedelyon.fr
Contact CERTU : Virginie.Lasserre








