Visite d'une délégation brésilienne au Certu (12 juin 2008)
30-06-2008
Le jeudi 12 juin 2008 le Certu a reçu une délégation brésilienne composée du Secrétaire National aux Transports et à la Mobilité Urbaine (Mr Luiz Carlos Bueno), du coordinateur du secrétariat exécutif du Conseil des Villes (Mr Elcione Diniz Macedo) et du président de l’Institut de Recherche et de Planification Urbaine (IPPUC) (Mr Augusto Canto Neto). La délégation était accompagnée du coordinateur du programme de coopération en développement urbain de l’Ambassade de France au Brésil (Eric Bouvard), des représentants de l’Association Française de Développement (AFD) (Mr Guillaume Chiron, Mme Marie-Pierre Bourzai et Mr Xavier Hoang) ainsi que de deux interprètes.
La visite de cette délégation au Certu s’inscrit dans un cadre plus global de rencontres avec des acteurs français importants dans le domaine de la mobilité. Le thème central était de celui de la mobilité. A ce sujet, Mr Luiz Carlos Bueno nous a présenté les problématiques de son pays. Le Ministère des Villes auquel il appartient a été créé il y a 5 ans et doit se forger une culture technique et scientifique. Ce Ministère est composé d’un secrétariat exécutif (dont le directeur remplace le Ministre lors de ses absences) et de 4 secrétariats techniques (Transports & Mobilité, Logement, Protection de l’environnement, Programmes urbains). Si la visite concerne plus particulièrement les questions de mobilité, la délégation est également intéressées par les productions du Certu dans les autres domaines de compétences du Ministère des Villes.
L’après-midi a commencé par une présentation du Certu (rôle et missions de cet organisme) par Marc Ellenberg, puis d’un échange avec le Secrétaire National sur les problèmes de mobilité au Brésil. Puis Jean-Marie Guidez a présenté les dernières tendances en matière de mobilité urbaine en France, montrant d’ailleurs une amorce du recul de la voiture en ville au profit des modes doux. Martine Meunier-Chabert a ensuite exposé l’articulation entre les différents documents d’urbanisme et de planification des transports en France. L’après-midi s’est clos par une présentation par Pascal Chopin (JC Decaux) du système Velo’v et d’une balade en vélo.
Au Brésil l’industrie automobile est puissante, représentant une part de 12% du PIB national et de nombreux emplois. Pour 2008, la production prévue est de 2,8 millions de véhicules dont 1 million pour le marché intérieur. Cela a pour conséquence une saturation des voiries existantes surtout dans les agglomérations urbaines, d’autant plus dans un pays fortement urbanisé. A cela s’ajoute un problème croissant de desserte des quartiers de logements sociaux. En effet, le logement social est produit par des groupes privés sans véritable planification et concertation avec les autorités publiques. Dans ces quartiers, il y a une pénurie d’équipements publics et un manque de transports collectifs pour ces populations captives. Aujourd’hui le Brésil envisage de développer un programme ambitieux :
1. Créer des structures et offrir les moyens de développer des transports publics de qualité, c’est-à-dire confortables, accessibles, calmes et sûrs afin que ces transports soient concurrentiels vis-à-vis de la voiture.
2. Créer de nouveaux réseaux de transports en fonction de la localisation des logements et de pouvoir ainsi répondre aux demandes de déplacements des populations captives, aujourd’hui sans offre de transports.
3. Élaborer un programme d’action sur la question de la politique tarifaire. A ce sujet, une nouvelle législation sera applicable en 2010 sur des normes de confort. Ceci représente un levier d’action sur les prix des transports collectifs.
4. La question du transport propre est également à l’ordre du jour. Cela passe par le développement de bus propres mais également par l’encouragement aux investissements publics dans les transports ferroviaires publics et les métros.
5. Enfin, le secrétaire National envisage aussi la création d’un réseau national de transport avec le développement d’un réseau ferré interurbain.
L’objet de la visite en France est ainsi de découvrir la réalité française et de rechercher des partenaires pour un travail conjoint. Dans cette perspective, le Certu apparaît comme un centre de ressources et un point d’entrée sur les questions de mobilité urbaine, avec une large ouverture de ces productions sur les expériences internationales.








